27 % des Français âgés de 18 à 24 ans placent le métier d’influenceur dans leurs perspectives professionnelles, d’après une enquête Ifop menée en 2023. Ce score relègue au second plan des professions longtemps perçues comme prestigieuses, telles que médecin ou enseignant, chez les jeunes adultes interrogés.Cette tendance met en lumière un décalage qui persiste face aux attentes du monde du travail. Les méthodes traditionnelles de recrutement et de fidélisation ne parviennent plus à capter l’énergie ni l’engagement de cette génération, dont les aspirations bousculent les repères établis.
Pourquoi la génération Z rêve d’influence et de liberté au travail
La génération Z, née entre la fin des années 90 et le début des années 2010, avance avec aplomb et fait bouger les lignes du marché du travail. Plus d’un jeune adulte sur deux vise le métier d’influenceur : de quoi intriguer, voire désarçonner. Pour cette génération ultra-connectée, TikTok, Instagram, YouTube ou Snapchat ne se limitent plus à divertir : ces plateformes deviennent des espaces de création, des rampes de lancement, parfois un passeport pour une carrière hors des sentiers battus. Les trajectoires de Léna Situations, Squeezie, Mister V, EnjoyPhoenix, Romy ou Adam Bros incarnent une réussite qui n’a rien d’académique.
Ce qui séduit avant tout ? La maîtrise de son emploi du temps, la liberté de choisir ses partenaires, la possibilité de transformer une passion ou un side project en activité principale. Prenons Logan Sicoli (Logfive) : il a troqué son CDI en agence contre deux millions d’abonnés sur TikTok. Raphaël Curron, repéré via la French House, collabore désormais avec de grandes marques de mode. Ces exemples servent de boussole à une jeunesse qui cherche avant tout à s’émanciper.
Trois ressorts majeurs se dégagent quand on écoute ces jeunes adultes :
- Indépendance : ils privilégient le freelance, rejettent les parcours imposés et tracent leur propre route.
- Équilibre vie professionnelle / vie personnelle : hors de question de sacrifier ses soirées ou de s’enfermer dans des horaires à rallonge.
- Refus des hiérarchies rigides : ils choisissent des environnements où la souplesse et la collaboration priment sur l’ordre établi.
Au quotidien, ces jeunes talents misent sur la créativité et l’impact, tout en restant lucides sur la compétition intense qui règne dans ces univers très exposés. Les réseaux sociaux leur ouvrent aujourd’hui des portes qu’on n’imaginait pas il y a dix ans.
Qu’attendent vraiment les jeunes professionnels de leur vie en entreprise ?
La génération Z fait valoir ses valeurs et rebat les cartes du rapport au travail. Le prestige d’un poste ne suffit plus : ambiance, créativité, autonomie et flexibilité deviennent la nouvelle boussole. L’entreprise est jugée sur sa capacité à respecter la vie privée et à valoriser la singularité, bien plus que sur des titres ou des organigrammes. Les horaires extensibles et les hiérarchies pesantes ne séduisent plus.
Ils veulent de la confiance, s’engager pour la justice sociale, défendre l’égalité, privilégier le bien-être, miser sur l’authenticité. Leur implication passe par des missions concrètes, dans un cadre où leur individualité est reconnue. Peu à peu, des qualités comme l’adaptabilité, l’esprit critique ou la créativité prennent le dessus sur la liste des diplômes affichés.
Leurs priorités s’articulent autour de plusieurs axes clairs :
- Transparence dans la gestion et la communication
- Télétravail facilité et horaires modulables
- Inclusion et égalité dans les équipes
- Bien-être et équilibre de vie préservé
Ce changement force les employeurs à revoir leur copie : moins de surveillance, plus de confiance, une réelle place accordée à la personne. Ceux qui s’y engagent voient leur attractivité grimper auprès de cette génération qui cherche du sens, de la liberté et de l’engagement.
Des pistes concrètes pour attirer et engager la génération Z dans votre équipe
Vendre les mêmes arguments RH qu’hier ne suffit plus. Ce qui fait la différence, c’est une expérience professionnelle souple, valorisante et où l’autonomie prend toute sa place. La génération Z attend des responsabilités tangibles, des missions qui comptent, un terrain où l’initiative s’exerce au quotidien. Elle espère aussi que l’entreprise mise sur sa créativité, et accepte parfois que chacun joue un rôle d’influenceur en interne.
La formation continue, surtout si elle épouse les codes de l’ère numérique, devient un argument de poids. Certaines écoles, à l’image de ffollozz, l’ont bien compris : former les jeunes au marketing de l’influence, à la gestion de leur e-réputation ou à la prise de parole leur donne envie de s’impliquer et renforce leur fidélité. Intégrer ces compétences dans le parcours RH, proposer des ateliers adaptés, et suivre l’évolution des pratiques sont des leviers qui prouvent leur efficacité.
Voici plusieurs actions concrètes qui permettent de passer du discours à la réalité :
- Valoriser la création de side projects et soutenir les initiatives individuelles
- Créer des espaces d’expression, en interne comme en externe
- Proposer des outils pour mesurer la contribution de chacun
- Faciliter les échanges avec des experts du contenu et de l’influence
La reconnaissance doit être immédiate et visible : chaque idée, chaque victoire, même modeste, mérite d’être soulignée. Authenticité et réactivité ne sont plus des options pour intégrer et fidéliser.
Les entreprises qui captent cette énergie n’attendent pas sur le quai : elles avancent avec la génération Z, prêtes à inventer, à expérimenter, à écrire un nouveau chapitre professionnel, sans mode d’emploi pré-établi.


